Il y a 75 ans, le massacre du 12 juin 1944

La ville de Valréas va commémorer le 75e anniversaire du massacre du 12 juin 1944. La commune connaissait l’épisode le plus douloureux de son histoire. Le 12 juin 1944, 53 personnes sont fusillées par les troupes  allemandes dans le centre-ville. Une journée  dramatique  où  l’horreur de la barbarie nazie fut à  son  comble  seulement deux  jours  après  le  drame d’Oradour  sur  Glane.  Depuis cette date, chaque année,  Valréas  se  fige  en  fin d’après-midi  pour  rendre hommage aux victimes.

Le débarquement du 6 juin 1944 sur les plages normandes provoqua un immense espoir. Le 8 juin, les FFI (Forces Française de l’Intérieur) arrivent à Valréas. Elles prennent possession de la poste et de la mairie. Elles s’emparent des armes de la gendarmerie et coupent les lignes téléphoniques.

Les forces allemandes, désirant remonter en Normandie, veulent éviter à tout prix la nationale le long du Rhône. Passage stratégique et bombardé en continu par les alliés. Valréas devient alors un lieu de passage et représente donc un obstacle pour l’armée allemande. L’ordre de « nettoyer » la ville est donné au groupe de combat « Unger ». Le noyau de ce groupe étant composé de trois compagnies. 13 officiers, 166 sous-officiers et 653 soldats appuyés par une compagnie de 34 chars, un groupe de la 8e compagnie, des Feldgendarmes de Montélimar accompagnés de 250 jeunes du service des travailleurs du Reich, et une section d’une centaine d’hommes du 200e régiment de sécurité.

Premiers affrontements à Taulignan

Le 12 juin au matin, à Taulignan, les premiers affrontements débutent. Treize résistants et civils furent tués. Cinq sont faits prisonniers et fusillés plus tard. En fin de matinée, la ville de Valréas est encerclée par les troupes allemandes. La plupart des résistants avaient pu s’enfuir. D’autres accompagnés de personnels des cantines et des bureaux ainsi que des gendarmes fuient en camion en direction de Nyons. Parti en éclaireur, à moto, Paul Mège fut stoppé à Novezan. Blessé, il parvient tout de même à prévenir le convoi. Décidant de fuir à pied, ils sont repris par la 9e section de reconnaissance qui fait alors 20 prisonniers. Rassemblés, au Portalon, devant la maison Autajon, ils sont conduits à l’Hôtel Thomassin, le quartier général allemand (Grand Hôtel aujourd’hui).

De leur côté, route de Baume, deux groupes des FTPF ne reçoivent jamais l’ordre de repli et le barrage défensif se lève. Quinze résistants voulant traverser la route d’Orange se retrouvent cernés et se rendent. Encordés les uns aux autres, les prisonniers parcoururent 2 km à pied pour rejoindre l’Hôtel Thomassin.

Le maire, Jules Niel, est conduit au quartier général pour y être interrogé. Un major allemand lui intime alors l’ordre de publier le message suivant : « La population de Valréas tout entière, sans aucune exception, se massera place de l’Hôtel de Ville, les chefs de famille seront porteurs du livret de famille et les portes des maisons seront laissées ouvertes ».

À 16h30, l’annonce est faite du haut du kiosque à musique. À son retour aux Monuments aux Morts, Jules Niel découvre horrifié qu’une cinquantaine d’hommes sont alignées face au mur. Il insiste longuement auprès des autorités allemandes pour échanger sa vie contre celle des prisonniers. Il va réussir à sauver deux prisonniers civils.

Quatre survivants

En fin de journée, des détonations résonnent. Le drame. L’horreur. Des corps tombent sous les balles. Ce 12 juin 1944, 53 personnes sont assassinées dont 7 tuées pendant la fusillade du début. Devant le mur, cinq otages sont blessés et évacués pendant la nuit malgré l’ordre donné de ne pas les toucher. Pour ne pas éveiller les soupçons des allemands, ils sont remplacés par les corps des morts des combats précédents. Quatre ont survécu à l’exécution : Émile Bouchet, Joseph Coutton, Auguste Mary et Gratien Soureillat. Alfred Buey est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures. Le plus jeune assassiné avait 17 ans, il s’appelait Georges Krieger. Le plus âgé, Ulysse Jardin, avait 75 ans.

Le 13 juin, les corps ont été transportés dans la Chapelle des Pénitents Blancs pour y être mis en bière. Sous conditions de la préfecture, les obsèques ont lieu le 14 juin à 6h30. Accompagnées par le maire, deux adjoints et les fossoyeurs, sept charrettes tirées par des chevaux conduisent les cercueils. Le jour même, toutes les tombes furent recouvertes d’innombrables fleurs.

Les commémorations du 12 juin 1944

La cérémonie de commémoration mercredi 12 juin se déroulera suivant ce programme. A 9h, dans la Chapelle des Pénitents Blancs, cérémonie religieuse. A 10h30, à Taulignan, devant la mairie, cérémonie officielle suivie à 12h de l’inauguration de la Traverse du 12 juin 1944. A 17h, à Valréas, cérémonie à la stèle de la Romézière. A 17h45, au rond-point du 12 juin 1944 (hôpital), départ de la cérémonie officielle qui rejoindra le Mur des Fusillés. Après le dépôt des gerbes, le cortège rejoindra le cimetière Marie-Vierge pour un temps de recueillement au Mausolée.

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