Ingrid Nueil est vigneronne à Mazan et Valréas

Dans la vie des vignerons, les vendanges sont toujours un moment privilégié. Pour Ingrid Nueil, elles ont une saveur particulière puisqu’il s’agissait, en septembre, de ses premières. Le monde du vin n’est pas un domaine inconnu pour elle car pendant dix ans elle dirige une coopérative du Ventoux. Happée par une profession trépidante, elle éprouve néanmoins, en 2018, le besoin de changer son mode de vie.

Naissance de Purviti

Pas question pour Ingrid de quitter le monde du vin. Et après avoir vu naître de nombreux millésimes, elle décide de passer de l’autre côté du miroir en devenant « vigneronne ». « Dans la cave, je suis à l’aise. Je connais bien le processus de vinification. Mais il me manquait l’aspect technique sur le terrain comme la taille de la vigne ou simplement conduire un tracteur » sourit-elle. Ingrid décide alors de se former. Elle intègre une session au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) à Serre. Après sa formation, elle crée son domaine « Purviti » à Mazan. Elle acquiert des vignes au pied du Mont Ventoux sur les communes de Mormoiron et Villes Auzon. Elle saisit, ensuite, l’opportunité d’acquérir des parcelles sur le plateau à la fois sur Valréas et Vinsobres. «Une belle opportunité pour moi car ces vignes sont en biodynamie ».

Sur le plateau Valréassien/Vinsobrais

Prendre en compte le changement climatique

La biodynamie est une méthode de culture biologique qui tient compte d’un aspect global autour de la plante. C’est un tout dont ses parties comme le sol, la plante, l’homme ou le climat sont en interaction. Cette pratique est le fruit des travaux du scientifique et philosophe autrichien, Rudolf Steiner, dans les années 20. On peut parler d’une philosophie qui prend en compte les futures générations pour leur garantir une qualité de sol. Pas de pesticides, engrais ou herbicides mais des préparations à base de plantes. « La biodynamie est un état d’esprit. Être à l’écoute de la plante, soigner par la plante. Je n’utilise pas de produits chimiques excepté du soufre et du cuivre mais de manière limitée ».

Une méthode de culture qui est une évidence pour Ingrid s’inscrivant dans une démarche pour prendre soin de la terre. « Mon fer de lance sur Ventoux est de créer de nouvelles plantations associées entre autres avec des arbres fruitiers. Et donc amener de la biodiversité ». Face au changement climatique qui s’est amorcé ces dernières années, le vigneron doit s’adapter. Ingrid l’a bien compris. Et la sécheresse qui vient de sévir lors de ses premiers mois d’activité la conforte dans ce choix. « Malgré cet épisode, la vigne est restée belle. J’ai laissé beaucoup de feuillages pour les protéger. Sur le plateau, le terroir est merveilleux. Il faut le protéger. En un même lieu, je constate des différences. Par exemple, sur le haut du plateau valréassien, il y a des galets tandis que la partie vinsobraise le sol est calcaire. Des différences qui se traduisent sur le grenache  ».

Après dix années dans le monde de la coopérative, Ingrid n’a eu aucune appréhension de travailler dans un monde plutôt masculin. « Mon passé m’a servi c’est vrai mais aujourd’hui les conditions techniques ont évolué et sont plus accessibles pour les femmes » constate t-elle. « Il faut avoir une petite dose de courage pour se lancer. Mais il faut parfois sortir de sa zone de confort ». Chaque jour, Ingrid apprend le métier. « Je vais étape par étape. On apprend aussi beaucoup la patience dans cette profession ».

Un premier millésime pour 2020

Ses raisins récoltés, c’est chez un autre vigneron, au domaine du Val des Rois (Valréas), qu’Ingrid a choisi de réaliser sa vinification. « J’espère atteindre une production globale de 250 hl. Faire du vin peu mais bien ». Notre vigneronne travaille sur sa gamme rouge et rosée uniquement en bouteilles. « Il y aura une entrée de gamme, un premium et un IGP Méditerranée. Le vin fini sera sans ajout de produits chimiques. Je veux qu’il exprime le terroir sans le maquiller. Je ne souhaite pas des vins trop fort ».

Cette première cuvée sera disponible en début d’année. En parallèle, Ingrid Nueil travaille sur la création de son site internet où elle souhaite développer également une boutique en ligne avec une partie consacrée à l’herboristerie. « Pourquoi l’herboristerie ? Car je soigne la plante par les plantes. C’est le concept du vin bien être » conclut-elle avec un grand sourire.

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